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 Les Larmes des Sirènes [ft. Morwena]

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MessageSujet: Les Larmes des Sirènes [ft. Morwena]   Mar 13 Sep - 23:36

Le coyote posa le pied à terre. Tenant en main sa valise, il fit son possible pour ne pas glisser sur le dallage pavant la place sur laquelle les petites nacelles vomissaient leur passagers. La pluie commença à perler sur son blouson en cuir. Instinctivement, il enfonça sa tête dans son col. Les nuages laissait tout de même, par endroit, filtrer une lumière orangé, tirant vers le rouge : Le soir tombait.

Soleanna. On lui avait parlé de cette ville comme une mine d’or, du moins pour ce qu’il recherchait au moment où il y posait le pied. Armadillio balaya des yeux la rue. Étrange cité, bâtit sur l’eau. Étrange ville, aux habitants venus de la mer, une population bigarrée, qui semblait avoir envahi les terres pour transformer celles-ci en vaste barrière de coraux. Depuis ses basiliques aux motifs sculptés dont le sens demeurait inconnu jusqu’aux pont qui enjambait chaque carrefour, tout ici semblait crier qu’une autre vision de Mobius était possible, dans ces ruelles humides et serrées dans laquelle les flaques devenait parfois des ruisseau. Mais ce n’était pas en esthète que le coyote était venu s’aventurer aussi loin. C’était en vendeur. Au final, rien ne changeait, et même sur cette autre planète qu’était Soleanna, le coyote restait un Vautour parmi tant d’autre. Passant devant les piliers de la grande banque Sanguinetti, Armadillio arriva sur une grande place. Que de devantures. Une vallée de vitre illuminées, devant lesquels se pressaient des touristes. Le coyote hésitait, mais il devait presser le pas : La journée touchait à sa fin, et il ne voulait pas qu’elle ne se termine avant qu’il n’ait pu trouver ce qu’il cherchait. Il les passa en revue, zigzaguant entre les badaux. Des cafés, des marchands de glace. Des boutiques de souvenirs. Le coyote s’arrêta devant. Ce n’était pas ce qu’il cherchait, et pourtant il en était proche. Des petites galeries aux artistes maudits mais cossus, des vendeurs de friandises multicolores, des lumières, des couleurs. Mais pas un seul antiquaire.

Il fit encore une fois le tour de la place. Revenant sur ses pas, tel un bernard-l’hermite, désoeuvré, suivant ses propres traces, sous une pluie de plus en plus soutenue, il décida de s’enfoncer dans la première rue adjacente. Ici et là, des façades, grisâtre, à l’odeur d’égout. Des murs muets, probablement des habitations. Il fallait vraiment être un imbécile pour venir maintenant, mais le coyote ne pouvait pas attendre. Ce qu’il avait trouvé était un filon : La source pouvait se tarir à tout moment. Il ne pouvait laisser échapper sa chance, ni son espoir. Ce sentiment se traduit par une longue marche dans les rues de Soleanna. Les chaussures pleines d’eau et le poil luisant d’humidité, il finit par s’enfoncer dans le premier café dont les portes, grandes ouvertes, s’offrait à lui.

Se secouant dans le hall, il tappa sa valise contre le mur, dans l’espoir de la voir se sécher par ce simple geste. Il s’assit à une petite table. Les places de banquets était occupé par un couple de pieuvres, enlacé dans un spectacle singulier, devant des chandelles. Ce détail jurait fortement avec les individus assis à même le bar. Assit dans son coin, le coyote profita un temps du confort que lui offrait cette chaise en bois, pourtant minable et bancale, sans demander à ce qu’on vienne prestement le servir. Il pris un des papiers plastifié faisant office de menu, le regarda. La solution de son problème ne se trouvait nul part ici : Pas d’adresse, juste des noms de boissons et des prix en rings. Tout ce qu’on pouvait attendre d’un menu. Dans le reflet du plastique, il vit alors son propre reflet, les cernes qu’il avait sous les yeux, sa fatigue et sa déception. Tout ce qu’on pouvait attendre d’un menu. Il le reposa et décida d’adresser la parole à un voisin de table, en l’occurence un requin marteau devant une tasse de café.

- Bonsoir.

- Bonsoir ?

Le requin marteau pencha sa tête vers lui, interloqué.

- Euh… Je ne connais pas bien le coin. Je cherche un magasin, quelque chose comme un antiquaire.

Un silence agacé. Le coyote avait interrompu le requin au milieu de ses pensées.

- Je crois qu’il y a des boutiques de Souvenirs, pas loin, dit-il d’un ton qui se voulait amical.

- Ce n’est pas pour acheter, c’est pour vendre.

Le requin regarda sa tasse comme si c’était elle qui venait de lui adresser la parole.

- Oh… Eh bien, peut-être… Hmm… Vous voyez la rue à l’angle à droite en sortant de la place ? Continuez dans cette direction, il y a un magasin d’épave. ça pourrait vous intéresser, dit-il avec un sourire mordant.

- Si cela diffère d’un Bar…

C’est à ce moment précis que le mari de la pieuvre recracha par accident son encre sur le visage de sa dulciné.

- Admettons.

- Vous m’avez tendu la Perche. Mais merci quand même.

Le coyote sortit. Prenant la première rue, il retrouva le crachin glacé qui ne voulait plus le quitter. Marchant sans s’arrêter, il se rendit brusquement compte que la nuit était insidieusement tombée sur lui. La lune l’éclairant de ses rayons pâles au travers du cumulus, il continua au travers des rues cernées d’eau noire. Seul au milieu de l’obscurité lourde, qui donc pouvait-il espérer croiser, à ce moment précis, dans son absurde balade ?

- Le Noctambule.

L’écriteau portant cette inscription se balançait au-dessus de lui. Il regarda la vitrine. Malgré l’heure tardive, celle-ci était encore allumée. Inespéré : le destin l’avait mis sur la bonne voie. C’était bon signe. Il tenta d’ouvrir la porte. Bien que difficile à pousser, elle était ouverte. Il entra. Suintant d’eau et souillant l’épais tapis disposé à même le sol, il regarda le magasin, balaya de ses yeux les ouvrages sombres, les bibelots disposés. Étrangement, le magasin semblait vide. Peut-être que son gérant se trouvait dans l’arrière-boutique. Mais il était exactement au bon endroit. Jetant un oeil à la porte, il apprécia pour autant le fait que cet antiquaire se trouve dans une rue plus éloigné du centre. Le coyote souhaitait que la transaction ait lieu dans la plus grande discrétion. Il posa sa valise sur le guichet. Une petite sonette se trouvait non loin. Il frappa dessus, elle lui répondit par un “Ding” fatigué. Pas de réponse après plusieurs coups.

- Il y a quelqu’un ?

Le silence lui répondit haut et fort que non. Cela importait peu. Le coyote tira vers lui un fauteuil en bois recouvert de toile rouge, poussiéreux, pour le placer en face du guichet, et s’y assit, sortit le carton de sa valise pour le poser à côté de celle-ci… Et s’endormit la face contre la table, exténué par la succession de nuits blanche qui avait dirigé ses pas, tel le Noctambule, l’insomniaque vendeur en quête de rings dont la passion conférait, si souvent, au somnambulisme.


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MessageSujet: Re: Les Larmes des Sirènes [ft. Morwena]   Mer 14 Sep - 20:01

Plus tard...


- Vous avez sali mon tapis, mon parquet, mon fauteuil...


La voix était fluette, le timbre haut-perché mais on pouvait sentir le reproche. Un court silence avait suivi. Juste le temps qu'il faut pour laisser le coyote quitter les bras de Morphée. Il pourrait alors remarquer, à la lueur de la petite lampe posée sur la table, la chauve-souris tout prés. Les bras croisés dans le dos et droite comme un I, Morwena était en train de faire la moue et les gros yeux du mieux qu'elle pouvait. Ou plutôt, faire le gros oeil, vu qu'il était difficile d'apercevoir si elle en avait bien un second sous l'épaisse frange échevelée qui lui barrait la moitié du visage.

- Il est de la manufacture des Vaudelins... ça ne se trouve pas sous le sabot d'un cheval, vous savez.


Après un petit soupir ennuyé et un dernier regard attristé sur le siège, elle lui tendit un sèche-cheveux posé sur une grande serviette éponge soigneusement pliée qu'elle avait caché dans son dos tout du long.

- Je vous attendais plus tôt. On dirait presque que vous êtes... tombé dans le canal.


Malgré l’intérêt poli  de la propriétaire, elle n'était pas franchement ravie de  l'état dans lequel il avait mis sa boutique. Ni de son odeur de chien mouillé d'ailleurs. La crédibilité de son interlocuteur venait de prendre un sacré coups dans l'aile. Les affres de la première impression. Elle ne saurait pas tellement dire si la situation était saugrenue au non, car elle avait encore très peu d'expérience en matière de négoce pour des objets anciens. Elle était surtout contrariée.
Tout autour du coyote, il avait des serpillères, comme de petites digues pour absorber l'eau qui avait ruisselé de ses vêtements. Ça allait même jusqu’à former un petit chemin de chiffons qui épongeaient les traces de son trajet sur le parquet vernis et ses tapis autrefois bien propres. Pas trop loin de lui, il avait ce samovar fumant qui n'était pas là tout l'heure.

Elle avait eut le temps de faire tout cela sans le réveiller. D'ailleurs ça faisait combien de temps qu’elle était là ? Il n'en saurait probablement jamais rien, mais il avait dormi un certain temps. Les stores avaient été baissés, le petit écriteau à porte d'entrée retourné - la chauve-souris n'avait pas envie d'avoir d'autres visiteurs tardifs- la lumière légèrement différente. Même les affaires du coyote semblaient avoir été imperceptiblement déplacées de quelques centimètres, mais ce n'était peut-être qu'une impression.

Morwena fait le tour de table et s'assit en face, sur un tabouret ouvragé en bois précieux. Elle pousse du bout des doigts une minuscule tasse en porcelaine dans la direction de son collaborateur et attends, qu'il se sèche, qu'il lui explique, qu'il lui rappelle son nom.



* Yawn *

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MessageSujet: Re: Les Larmes des Sirènes [ft. Morwena]   Sam 17 Sep - 19:00

Le coyote se frotta les yeux, ôtant par de la même les petits grains de mébiums s’y étant accumulé, et sursauta en voyant la chauve-souris. Il balaya des yeux la pièce, les souvenirs lui revenant soudain à l’esprit. Il se racla la gorge en reprenant un appuis moins avachis sur son siège, pour prendre le sèche-cheveu et le linge, gentillement proposé par la Mobienne dont l’expression semblait partagée entre agacement et ennui.

- Hem - désolé… je... quoi ?

Le coyote avait dû mal comprendre. Comment pouvait-elle l’attendre ? Il n’avait pas appelé. Il y songeait en passant le linge sur sa tête encore mouillée, essayant de dissiper le malaise. Il n’avait pas appelé, mais peut-être aurait-il dû. Mais il n’aurait pas eut le temps d’éplucher un bottin, un site de la ville, de la trouver, de la contacter, de prendre rendez-vous. Non, il n’aurait pas eut le temps. Ce manque d’organisation, inhérent à son empressement, aurait pu mettre à mal la transaction. Or, il lui semblait qu’on le prenait pour quelqu’un d’autre. Il pourrait utiliser ce quiproquo à son avantage.

- Merci beaucoup, dit-il en pliant le linge, et désolé pour le fauteuil.

Le coyote resta debout, le regard dans le vide.

- Ceci dit, je vous échange les dégâts contre l’un des objets que j’ai ici - vous avez déjà regardé ?

Armadillio se dirigea vers le guichet, ouvrit le carton et en sortit plusieurs objets, qu’il disposa dessus. Un chandelier à plusieurs bougie, dont l’or semblait fatigué, une montre à gousset renfermant une gravure coloniale, et enfin, le plus important, un vieux livre. Le coyote ne l’avait pas lu entièrement, juste par endroit. Mais il s’agissait là d’un original écrit à la main. Il jeta un oeil aux stores. Il faisait encore nuit, mais difficile de dire pour combien de temps encore avant que l’aube ne fasse irruption. La pluie s’était arrêté, au-dehors.

- Voilà ce que je vous propose, déjà pour le dédommagement, dit le coyote en lui tendant le livre. Cela fait partie d’une suite d’affaire personnelle, qui remonte à il y a peut-être un demi-siècle que j’ai trouvé… quelque part.

Le coyote hésitait à donner son filon.

- En tout cas ce que je peux vous assurer, ce que ce n’est pas du vol : C’est de la récupération. C’était dans un container en pleine nature, laissé à la disposition de tous.

Après avoir donné le livre à la chauve-souris, il pris la tasse de thé et souffla dessus. Il en bu lentement.

- Même, ce que je vous propose, si ces objets d’une grande valeur… historique vous intéresse, de vous amener à l’endroit où j’ai pu les trouver. J’ai un camion garé juste vers la côte, sur le continent. Ce n’est pas à Soleanna.[/color]

Le coyote bu encore un peu de thé, manquant de se brûler la langue.

- C’est à Apotos - dans les environs de Windy Valley. Vous arrivez à situer ?

Autant être direct. Il ne voulait pas traîner, tourner autour du pot indéfiniemment. Il y aurait peut-être d’autre marchand d’antiquité à Soleanna, et si celle-ci refusait, il fallait qu’il ait du temps pour aller les voir.


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MessageSujet: Re: Les Larmes des Sirènes [ft. Morwena]   Mar 20 Sep - 23:30

Dans les archives intérieures de sa mémoire, Morwena se hâtait d’éplucher son répertoire. Autant elle était douée pour mémoriser par ordre alphabétique et antichronologique les faits historiques les plus obscurs, les mouvements artistiques les plus sibyllins, sans oublier tous les héros de la rubrique des chiens écrasés du journal des semaines passées, mais les  prénoms du commun des mortels qui prenaient contact avec elle, non.
C'était trop banal, trop ennuyeux, trop trivial au gout de sa mémoire. Il fallait dire qu'elle n'avait pas l'habitude d'être autant sollicitée que ces jours derniers, la distribution intensive de cartes de visites et de petites annonces avaient enfin portés leurs fruits. Tout ce dont elle se souvenait de ce contact là, c'est qu'il s’appelait Jean-quelquechose. Encore qu'elle n'en était pas tout à fait sure.

- Ceci dit, je vous échange les dégâts contre l’un des objets que j’ai ici - vous avez déjà regardé ?

La chauve-souris avait mécaniquement emboité le pas du coyote et regardait avec une attention paisible les objets qu'il disposait sur le comptoir.

- C'est très aimable de votre part. Et ... n-non, je n'ai pas regardé.

Elle attrapa délicatement le premier qu'elle examina succinctement. C'était un chandelier qui ressemblait à ceux que l'on utilise lors de certaines fêtes religieuses, en plaqué or. Le second, une montre à gousset de bonne facture, avec une gravure à l'intérieur. Morwena observa qu'elle nécessitait quelques menues réparations.

- Voilà ce que je vous propose, déjà pour le dédommagement. Cela fait partie d’une suite d’affaire personnelle, qui remonte à il y a peut-être un demi-siècle que j’ai trouvé… quelque part.

Et le dernier enfin, un livre. Une petite lueur d’intérêt s'allume dans son œil jaune alors qu'il le lui tend. A première vue, ça ressemble à une sorte de journal. Elle en huma la tranche comme s'il s'agissait d'un grand parfum ou d'un bon cigare puis l'ouvrit cérémonieusement pour commencer à le lire.

- En tout cas ce que je peux vous assurer, ce que ce n’est pas du vol : C’est de la récupération. C’était dans un container en pleine nature, laissé à la disposition de tous.


La chauve-souris relève la tête avec un peu de retard, presque à regret, surprise par cette déclaration. Perplexe même. Refermant l'ouvrage dans un bruit mat, elle s'en va le ranger dans une étagère à part, celle où elle entrepose les volumes qu'elle ne vends pas encore.

- Merci pour ce présent... je l'accepte volontiers.

- Même, ce que je vous propose, si ces objets d’une grande valeur… historique vous intéresse, de vous amener à l’endroit où j’ai pu les trouver. J’ai un camion garé juste vers la côte, sur le continent. Ce n’est pas à Soleanna.

Morwena n'avait pas imaginé quitter sa maison au plein milieux de la nuit pour suivre un inconnu.
Les pensées de la chauve-souris pouvaient se résumer en deux mots: Stranger danger. Il y avait de quoi s'interroger sur les intentions du coyote et Morwena ne s'en privait pas. Après tout, n’apprends-on pas depuis notre plus tendre enfance à ne pas suivre les étrangers jusqu'à leur camionnette ? Même si ceux là ont l'air très sympathiques au premier abord, qu'ils promettent des merveilles et qu'il n'oublient pas d’appâter au préalable leur cible avec un cadeau. Est-ce qu'il se rendait compte que du point de vue de son interlocutrice, il avait l'air au moins à moitié aussi louche qu'un type qui distribue des bonbons devant une école?

- C’est à Apotos - dans les environs de Windy Valley. Vous arrivez à situer ? Là n'est pas la question.

La pale lumière du réverbèrequi  projetait des ombres horizontales à travers les stores baissés sembla vaciller.

- Jean-Saturnin, ce n'était absolument pas prévu. Vous êtes plein de surprises. Mais encore faut-il qu'elles soient bonnes.


Elle s'approcha du coyote pour bien le regarder dans le blanc de l’œil. Morwena aurait presque put sembler menaçante, inquisitrice, si elle avait été quelqu’un d'autre. Les yeux plissés, elle l'examinait comme si elle essayait de déchiffrer les lignes d'un livre indéchiffrable.

- Sachez seulement, que si vos intentions ne sont pas louables et digne d'un parfait gentleman, je ne suis pas celles qui se laisseraient aller à figurer dans rubrique faits divers du prochain journal.

Elle n'avait jamais eut l'air aussi réveillé qu'à ce moment là. Le ton plus ferme qu'elle employait donnait presque l'impression de parler à une autre personne. Son manque de confiance et son inquiétude était contrebalancé par une certaine curiosité, mais difficile de le deviner derrière son attitude à présent rigide et guindé.

- Sur ce, je vais préparer deux ou trois affaires pour ne pas être prise au dépourvue, Jean-Firmin. Allons d'abord voir ce dont vous me parlez, nous négocierons ensuite en fonction... de ce que vous me proposerez. Vous me ramènerez ensuite chez moi avec les objets, ou non d'ailleurs, après seulement je vous paierai.

Qui eut cru que cette petite chose aux cheveux roses mal coiffés pouvait être aussi autoritaire tout à coup. Elle s'écarta et s'en alla décrocher prestement son trench et un grand sac à main du porte-manteaux prés de la porte. Elle s'approche ensuite d'un pan de mur presque complétement plongé dans l'ombre, seul quelques discrets reflets métalliques trahissent la présence d'objet suspendu. Ouvrant largement son grand sac à froufrous elle enfourne un authentique fléau médiéval à l'intérieur. Il en dépasse largement et n'est pas franchement discret. Elle continue de prendre rapidement d'autres trucs à droite et à gauche et se plante ensuite devant Jean-Phillipe.
Ce serait mentir que prétendre que Morwena est parfaitement rassurée par ce qu'elle va faire. Son changement d'attitude assez brutal l'illustrait bien.
La peur de passer à côté de quelque chose, d'une bonne affaire, était également présente. Difficile de trancher entre s'il s'agissait du plan le plus foireux de toute sa vie ou une opportunité. Mais elle ne peut s'empêcher de ressentir une certaine forme d’excitation, comme si elle se préparait pour une grande aventure ou un tour de grand huit. L'ennuie, c'est qu'elle ne savait pas trop qui l'accompagnait, c'était bien ça le problème.

- Je suis prête Jean-Elliot.



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MessageSujet: Re: Les Larmes des Sirènes [ft. Morwena]   Mar 27 Sep - 22:33

Le coyote regarda machinalement le contenu du carton. Il n’avait pas pensé à cet aspect-là. Être invité par n’importe qui à joindre un véhicule pouvait semblé louche, et dans son empressement il en oubliait la présentation.

- Si vous voulez, je peux vous laisser un temps pour y réfléchir, 24 heu-

La chauve-souris lui passa devant en allant prendre ses affaires, à présent autant empressé que lui de remonter à la source. Laissant les antiquités troqué contre la housse du fauteuil, il récupéra le carton, à présent plus léger, s’essuya le front et s’apprêta à sortir. Entendant la chauve-souris l’appeler par plusieurs noms consécutifs - résultants sans doute d’une confusion à la base même de l’appel téléphonique, il hocha de la tête en poussant la porte de l’établissement.

- Il faut qu’on prenne la première navette en direction de la côte. Vous connaissez sans doute mieux le chemin que moi pour y arriver, mademoiselle…

Il n’avait pas pris la peine de lui demander son nom. La laissant passer devant, il croisa au carrefour un Mobien pigeon portant une écharpe. Le coyote tourna la tête pour le voir toquer à la porte de l’antiquaire. Déjà au bout de la rue, il tendit sa large oreille pour entendre ce qu’il disait.

- Il y a quelqu’un ?... C’est Jean-Titouan… Fermé. Tant pis, les porcelaines de belles-mamans attendront…

Trop tard. Le coyote leva les yeux pour voir que le ciel s’était éclairci de manière presque imperceptible. Ce n’était pas encore le petit matin, mais la nuit était avancé. Il se frotta les yeux : son sommeil, en apparence d’une pincée de seconde, avait durée une poignée d’heure. Ils continuèrent jusqu’au débarcadère, et une sorte de station de bus utilisé par des bateau de taille moyenne. Semblable au métro de grande ville, ils ne stoppaient quasiment jamais leur activité. Le coyote se pencha sur les horaires. Le prochain venait dans une dizaine de minutes. S’asseyant sur un banc et sentant douloureusement l’humidité ruisselante de celui-ci s’infiltrer dans son pantalon, le coyote posa le carton sur ses genoux.

- Vendre des antiquités, vous faites ça depuis longtemps ?

De marchand à marchand, Armadillio se demandait ce qui avait pu amener la chauve-souris à pratiquer ce commerce. Y avait-il un héritage, derrière ça, ou peut-être un amour pour les vieux objets ? Les vieux objet. Le coyote ne comprenait pas leur valeur. Peut-être risquait-il de se faire rouler. Aussi, obliqua-t-il la conversation sur ce sujet épineux, en faisant un signe de tête vers son carton.

- Vous aussi, vous connaissez la valeur de ces objets ?...

Sous-entendant qu’ils y comprenait quelque chose, alors qu’il n’y connaissait en faites rien. Armadillio le savait, il ne fallait surtout pas que la chauve-souris donne son prix à elle, sinon la négociation raterait. Mais il ne pouvait pas viser n’importe quelle somme. Il lui fallait une valeur-étalon. Il aurait mieux fait de se renseigner. Ce plan commençait à sentir mauvais le manque d’organisation, l’aventurisme et l’eau croupie. Il regarda le sol de dalle à la surface boueuse. Un phare s’y reflétait. Il leva la tête.

- Voilà notre navette, dit-il en se levant.


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MessageSujet: Re: Les Larmes des Sirènes [ft. Morwena]   Dim 2 Oct - 21:50

Trottant les yeux bien ouverts à cette heure avancée, Morwena mâchouillait sa lèvre inférieure et jouait des griffes sur l'anse en cuir de son sac à main.
C'était probablement la chose la plus folle, la plus excitante et aussi la plus angoissante qu'elle faisait de toute sa vie. Elle se tourne vers Jean. Il lui avait laissé ouvrir la marche, ça ne voulait pas dire grand chose, mais au moins il n'insistait pas pour faire un détour dans une ruelle mal famée. Pour sur, elle avait dut être particulièrement impressionnante et dissuasive tout à l'heure. Ses cours de théâtre avait fini part servir à quelque chose. La chauve-souris continuait malgré tout  de le surveiller du coin de l’œil, l'air de rien, quant elle le pouvait.  Une fois à hauteur des quais et de la sorte d’abribus réservé aux bateaux de transport en commun, elle extirpe un mouchoir en dentelle de son sac , avec lequel elle essuie minutieusement le banc avant de s'asseoir d'un bloc. Son sac sur les genoux, le manche en bois de son fléau dépassant largement, elle plie le petit carré de tissu avec la même rigueur qu'un maitre dans l'art de l'origami et le range. L’abri est tout constellé de gouttes d'eau qui reflètent la lumière des réverbères. Morwena lève le nez vers la myriade de gouttes brillantes qui remplaçaient les étoiles de ce ciel nocturne citadin et laissa son esprit se remémorer ce qu'elle avait fait ces semaines passées.
Voila bien quinze jours que le Noctambule était ouvert, mais cela faisait bien plus longtemps qu'elle avait commencé son travail. Trouver les locaux, faire son stock, avoir les autorisations nécessaires... faire de petits travaux...
Au même moment :

- Vendre des antiquités, vous faites ça depuis longtemps ?


- Deux semaines.


Elle se tourne vers lui mécaniquement, surprise malgré son air impassible. C'est vrai que ce n'était pas beaucoup mais elle n'avait pas tellement de raisons de lui mentir.

- Vous aussi, vous connaissez la valeur de ces objets ?...


- He bien, la valeur des objets est une chose, le prix en est une autre.
Le second fluctue en fonction de la mode, la rareté, de la demande...
Quant à la valeur... c'est une question délicate. Il faut prendre en compte plusieurs choses. Je ne connais pas la valeur sentimentale que vous pourriez leur attacher par exemple...


* Surement pas bien grande vu qu’apparemment vous avez trouvé ces choses *

En faite je pense que c'est la toute la subtilité du métier. Mettre un prix sur un objet, que ce soit sur des aspects purement formels et qualitatifs, mais aussi sur son histoire, ce qu'il représente. Je ne suis pas certaine de bien m'exprimer à ce sujet, mais j’espère que vous voyez ce que je veux dire, Jean.


Elle lui avait répondu relativement spontanément. Ce n'était peut-être pas exactement ce qui lui avait demandé d'ailleurs, mais elle se gardait bien de lui dire tout de go que l'un des aspects fondamentaux de son activité est d'acheter en dessous de la valeur réelle et revendre au dessus grâce des subterfuges aussi habiles qu'une bonne présentation ou un discours de connaisseur bien rodé. Il fallait vendre une part d'histoire, de rêve aussi. Elle n'avait pas encore tellement d'expérience en la matière, c'est vrai, mais elle espérait bien que son œil qui avait usé tellement de pages de livres d'histoire, de catalogues de commissaires priseurs et sa propre sensibilité l'aideraient dans sa tache.

- Voilà notre navette


Elle se lève et le suit, montre son abonnement au "chauffeur" et s'assoit à côté du coyote. Quelques minutes après le départ de la navette, il lui semble qu'il est plutôt conventionnel, attendu et polis d'à son tour lui poser une question.

- Dites m'en plus sur ce container, comment l'avez-vous trouvé ? Je suis certaine que c'est une histoire captivante. Ce n'est pas tous les jours qu'on trouve par hasard une... grotte aux merveilles.


Son œil jaune était posé sur lui, il n'y avait pas tellement de suspicion, mais un certain appétit du sensationnel, d'histoires abracadabrantes pour justifier une découverte aussi inattendue.



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MessageSujet: Re: Les Larmes des Sirènes [ft. Morwena]   Mar 18 Oct - 0:31

Pendant que les flots sombre s’élevaient, au passage du bateau, en de discrètes volées d’écumes, que l’on devinait à la pâle lueur des néons, fixés au plafond de la navette, le coyote fixait un point lointain. Les réponses qu’ils avaient obtenu n’étaient pas aussi claire que l’aurait été une échelle de prix. La dernières vente d’antiquité qu’il avait effectué s’était mal terminé. Après avoir hérité d’une zone de pêche de la part d’un client qui n’avait pas su honorer sa dette autrement, il y avait trouvé son vrai trésors : La carcasse d’un super Destroyer, un énorme navire ayant appartenu à un général de l’armée Meers, connu sous le nom de Vyftig. Il avait organisé une vente aux enchères, sur le pont d’un porte-avion conviant des dizaines d’acheteurs potentiel, de gros sacs.

- Comment j’ai trouvé les containers ? dit-il avec un début de sourire. Ah, c’est… euhm… attendez que je le retrouve....

Le coyote fit mine de chercher dans ses poches, quelques secondes, le temps de s’inventer une histoire plus simple, une histoire plus propre. Il savait cependant exactement où se trouvait le petit sachet poisseux, un sachet ayant appartenu à un gros bonhomme, du nom d’Akeko Inoue. À la fin de la vente, en voyant les dégâts qu’avaient infligé les hommes d’Armadillio à la carcasse en la remontant, Inoue avait été soudainement pris de folie et sorti un pistolet pour tirer dans tous les sens ; Mais si le sachet portait encore la moindre trace de sang, il ne pouvait s’agir que du sien : Car c’étaient les balles du coyote qui avaient mis fin à ses pulsions meurtrières. Armadillio avait fouillé le cadavre, tirant ce sachet, comme il le tirait à présent de la poche de sa propre veste, pour le vider de son contenu : Un papier abîmé, plié, une carte.

- Voilà.

Le coyote déplia le papier en s’écartant pour que celui-ci ne heurte pas la paroi ou Morwena. La carte représentait un lieu situé au milieu d’une plaine de Windy Valley, à Apotos. Des traits rouges traçaient les coordonnées d’une zone, cerclée à l’aide d’un compas. Armadillio étala la carte sur ses genoux et montra du doigt le point, après s’être assuré que personne ne lisait par-dessus son épaule, apercevant les lumières de la cité royale s’éloigner.

- Je l’ai trouvée à l’aide de cette carte. Un vieil ami, qui était collectionneur d’art, mais également d’antiquité, m’avait légué ce sachet. Je l’ai reçu lors de sa disparition en haute mer - Il était amateur de voile, un poil trop aventureux, hélas.

Le coyote replia la carte.

- Je crois qu’il voulait que j’aille le chercher à sa place. Je ne sais pas vraiment dans quel but. Le testament dicté ne précisait rien d’autre.

Le coyote était un bon menteur. Mais il fut surpris de le constater  : la rapidité de son esprit n’avait au final pas falsifié grand-chose. L’héritage de son client ne lui ayant apporté aucune valeur, c’était cet argent qu’il recherchait toujours. Un raccourci qui taisait bien évidemment la succession des événements malheureux s’étant déroulé au bord du porte-avion : Mais un mensonge parfait n’était-il pas environné de vérité ? Il pouvait à présent passer à une description beaucoup plus fidèle des événements.

- Je me suis donc rendu sur place, munis d’une pelle, j’ai creusé au hasard, ici et là, pendant plusieurs heures, dit-il en agitant la main, et j’y ai trouvé ce que vous pouvez voir dans ce carton.

Le coyote tendit le carton, comme s’il était encore nécessaire d’en faire vérifier le contenu.

- Malheureusement, la plaine dans laquelle se trouve ces merveilles ne sont la propriété d’aucune autre personne. J’ai cherché, dans les registres : Il s’agit d’une zone sans maître, “Terra nullius”. Elle ne sont comprise dans aucune municipalité - j’ignore s’il s’agit d’un oubli de la part du gouvernement d’Apotos.

Le coyote se frotta les yeux, et éloigna un moucheron voletant entre lui et son interlocutrice.

- Dans tout les cas, il n’y a rien, pas de barrière de sécurité, pas de panneau. Rien qui me permette de mettre mon bien en sécurité. J’ai bien peur que n’importe qui puisse s’en emparer durant mon absence. Un village se trouve en contrebas de la plaine, et je crains fort que mes fouilles ne soient pas passé tout à fait inaperçu. D’où mon empressement, celui de trouver un expert en la matière, et le plus vite possible. J’aurais pu trouver un expert à Apotos, mais... au final cette grande ville était plus difficile d’accès. Et on m’a assuré que Soleanna était une ville d’antiquaire.

Ce qui n’était pas entièrement vrai. En vérité il voulait surtout contacter quelqu’un n’habitant pas le continent, ne considérant pas cette terre comme la sienne, n’ayant aucun contact dans le village.

Le coyote regardait la chauve-souris droit dans les yeux lorsque la navette vibra. L’un des techniciens aidant le conducteur déployait le ponton métallique pour leur permettre de mettre un pied à terre. Celui-ci dit alors d’une voix forte à l’adresse de tous les voyageurs une tirade déjà cent fois répétée.

- Terminus. Vous êtes sortis de l’espace maritime de Soleanna, bienvenue en Spagonia. Préparez vos passeport en cas de contrôle par les douaniers. Tout le monde descend.

Le coyote se leva et s’activa en direction du débarcadère. Face à eux, un grand panneau bordant une allée, bien éclairé, leur annonçant la bienvenue sur le continent. Ils continuèrent en silence dans l’allée avant de monter des escaliers, passage obligatoire entre les débarcadères bétonné et le bitume d’un immense parking presque vide, illuminé par une multitude de grands lampadaires autoroutiers. Le coyote sortit de sa veste une casquette de couleur sombre pour la mettre sur sa tête, remettant sa capuche pour dissimuler ses oreilles, non pour les protéger des lueurs blanchâtres se réfléchissant sur le bitume mouillée, ou contre la très légère pluie, mais parce que des caméras avait été placé sur les poteaux métallique bordant le parking. Ces poteaux délimitait un espace vert et une entrée pour une autoroute à quatres voies, qui donnait en direction sud-est, la destination des deux Mobiens. Armadillio se frotta les mains.

- On gèle ici ?…  Enfin. mon véhicule est garé là-bas.

Traversant le parking jusqu’à arriver à un camion, le coyote en ouvrit la porte, puis celles du coffre vide. Il y plaça son carton, le calant dans un coin pour qu’il ne puisse pas glisser, et s’apprêta à monter dans le véhicule. Il regarda sa montre, indiquant tout juste quatre heure du matin.

- Bon. Apotos est à peut-être une journée de route, dit-il en remettant sa manche, s’il n’y a pas d’embouteillage on devrait pouvoir y arriver d’ici la fin de l’après-midi. Je ne vous avais pas demandé, si vous aviez aussi une voiture à vous ? Sinon, j’ai bien une place passager dans la cabine, mais je dois juste enlever tout ce… tout ce bordel, dit-il en désignant le siège en cuir.

Celui-ci était recouvert d’affaire diverse, un sac à dos, une pile de sac en papier, un reste de sandwich dans son emballage, un pare-soleil mal replié et un chargeur de téléphone portable. Le coyote pris un des sacs pour commencer à déblayer le produit de sa naturelle négligence, attendant cependant la réponse de son intelocutrice pour savoir s’il fallait le déplacer pour de vrai, ou juste en apparence.


Bratata !
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