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 [Rediffusion] L'Arène du Débat - La Robotisation : Danger ou Perspective d'Avenir ? (17h45-19h50)

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MessageSujet: [Rediffusion] L'Arène du Débat - La Robotisation : Danger ou Perspective d'Avenir ? (17h45-19h50)   Dim 13 Aoû - 23:01



La présentatrice, les mains appuyé sur son tableau de bord, se redressa quelques secondes à peine avant que le jingle d’introduction ne résonne sur le plateau. Un papier à la main, les manches retroussé, un visage dur et souriant, elle s’adressa à la caméra placé à l’extrémité du bras mobile d’une grue, comme s’il s’agissait d’une charmante connaissance. Derrière celle-ci s’activaient des membres de l’équipe audiovisuelle.

- Bonjour à tous et à toutes - vous regardez “l’Arène du Débat”, en direct de Grand Metropolis...

Les projecteurs, disposé avec intelligence et expertise au plafond pour transformer l’étendue du plateau en une scène aux jeux de lumières choisis, avaient déjà chauffé l’atmosphère, intensifiant la pression ressenti par les invités. Magie du petit écran, les quatres individus, disposé chacun derrière un pupitre à la façon des tribuns, semblaient comme irradiées, brillant devant une foule de visages sombres, difficiles à distinguer - ceux du public présent dans le studio, personnes triées sur le volet pour avoir le privilège d'assister au hostilité au plus près, et non par la fenêtre de leur télévision.

- Et ce soir nous avons décidé d’aborder un sujet d’actualité. Un sujet qui suscite actuellement la polémique : Depuis maintenant des décennies, a lieu aux frontières de la Fédération un conflit larvé - Un conflit avec le pouvoir en place dans l’Empire dit “Empire Eggman”.

La présentatrice présentait son sujet les mains jointes, le regard fixé vers la caméra, derrière laquelle s’affichait l’écran d’un prompteur sur lequel défilait son texte, préparé à l’avance avec un vocabulaire choisi.

- L’Empire est généralement vu, dans l’opinion publique et les médias, comme une organisation nébuleuse et effrayante. Afin d’en savoir plus et dans une perspective neutre, nous avons décidé d’y porter nos yeux afin de nous interroger. La guerre a-t-elle trop durée et quelle part de responsabilité pouvons-nous imputer à chacune des parties, telles sont les questions que la neutralité pourrait légitimement nous poser.

L’exercice de synchronisation était complexe. Mais elle le maîtrisait parfaitement.

- Or, s’il doit revenir aux organes de sécurité de la Fédération de conclure ce conflit sans fin, il appartient au débat public de déterminer ce qui éloigne nos systèmes, de manière à interroger les opinions sur des sujets précis.

La présentatrice exécuta un lent demi-tour.

- Rappel des faits : Récemment, le docteur Eggman lui-même a révélé, “au grand jour”, par le biais d’un communiqué officiel, une sordide et triste affaire - à la suite d’une explosion dans un stade sportif, divers individus blessés ont eut la vie sauvée, et ce grâce à une invention liée à la technologie impériale. Son nom ? le “Robotiseur”, un terme choc souvent manié dans les journaux du soirs. La nouvelle étant donné, plusieurs acteurs de la société civiles se sont alors exprimé à ce sujet, dans les médias et sur le dreamnet, à l’encontre de ce dispositif.

Pas un mot de plus, sur le plateau. Elle parlait au milieu d’un silence de plomb, sa voix amplifiée par un micro, attaché au revers de son veston bleu foncé.

- Concernant les victimes, devait-on remplacer tout ou partie de leur corps, sans leur adhésion préalable ? Fallait-il laisser mourir froidement ces personnes ? Au vue des résultats donnés, peut-on, en toute connaissance de cause, incriminer une technologie plutôt que des individus ? La question est de plus en plus légitime.

Les talons claquaient sur les dalles en PVC, mais demeuraient inaudible.

- Car là où certains y voit un outil de pouvoir, d’autres y voit un outil médical d’appoint. La question est posé : << La Robotisation est-elle un danger pour nos concitoyen, ou une opportunité d’avenir ? >> Pour débattre de ce sujet, nous avons convié ce soir quatre invités, représentant de forces politique, de positions différentes.

La présentatrice s’était placé face à leurs pupitres.

- À ma gauche, un représentant du département aux questions économique de Grand Metropolis, Lionel Mammon. Mr. Mammon, pouvez-vous expliciter la raison de votre présence sur ce plateau ce soir ?

- Absolument, répondit un homme longiligne, de haute stature, habillé d’un élégant costume-cravate. L’administration de la ville ayant été contacté, elle a souhaité répondre présent à l’invitation lancé par la chaîne. En tant que représentant du DQE, je me devais de donner notre avis, et notre approche de façon claire, limpide - car il s’agit d’une question dont les retombés économique sont évidente, quelque soit le jugement qu’on y porte… Voilà tout, dit-il avec un bref sourire.

- Fort bien, repris la présentatrice en désignant de la main un autre invité. À votre gauche, Mr. Terrence Bradford, représentant du GUN.

L’Homme, de taille plus petite, à l’expression se voulant dure, mais peinant à cacher une énergie encore toute juvénile, fit un signe de main, s’attendant à ce qu’on lui donne la parole, se pencha sur son pupitre. Mais la présentatrice n’avait pas besoin de justifier sa présence en ces lieux - aussi passa-t-elle directement à l’invité présent à sa droite. Tout le monde dû baisser le regard pour distinguer un Mobien. Il s’agissait d’un renard au poil gris, vêtu d’une chemise poussiéreuse.

- Et… nous avons ici avec nous Pierre Batizta, professeur émérite à l’université de Central City…

La présentatrice jeta un oeil à son papier, avant de jeter un regard perdu au prompteur, qui lui aussi s’avérait vide. Elle allait faire un mouvement de main, avant que Batizta lui-même ne décide de finir sa phrase.

- Professeur en philosophie - philosophie politique et études des relations internationale. Je m’occupe de bi-cursus, dit le renard en essuyant ses lunettes.

- Fort bien… Et vous avez insisté pour participer à ce débat… dit la présentatrice, improvisant son texte.

- Absolument, dit simplement le renard d’un ton sec, les yeux plissés.

- Eh bien, nous verrons plus tard… Pourquoi. À votre gauche, Mme Yona Moonstone, représentante indépendante au service des affaires étrangères de l’Empire. C’est la première fois qu’une représentante impériale est interrogé sur un plateau de télévision, dit-elle en désignant la jeune femme à l'extrémité du plateau.

Tous les regards, et celui de Batizta en premier, s’étaient tournés en sa direction.

- Tout à fait, répondit la femme aux cheveux gris, en souriant aux autres intervenants. “Affaires étrangères”... À dire vrai l’Empire n’a pas vraiment de ministère ou de “services” dans son organigramme. Tout au plus ceux qui ont décidé, comme moi, d’apporter leur pierre à l’édifice, bénéficient-ils de consignes provenant directement des échelons supérieurs. De cette manière la volonté de chacun est respecté, et l’Empire évite ainsi toute forme de carriérisme parmi ses représentants...

- Ah, je vois, dit la présentatrice, jetant un oeil furtif dans le coin supérieur de la pièce. C’est donc une autre forme d’organisation qui nous est donné à voir, continua-t-elle. Mme Moonstone : Face à vous, divers intervenants ne partageant pas vos positions. Lourde tâche que la vôtre, n’est-ce pas ?

- Oui, dit Yona. Effectivement. Mais je ne ferais pas ce travail si je ne le faisais pas avec foi. Et je pense pouvoir convaincre, dit-elle, les yeux tournés en direction de ses opposants.

- Fort bien, dit à nouveau la présentatrice. Nous allons donc...

Mammon était penché sur des dossiers qu’il avait sorti et placé au préalable sur son guichet. Terrence Bradford, lui, avait le regard perdu au loin. Celui de la jeune femme s’arrêta un instant sur le renard, qui la fixait. Celui-ci baissa les yeux, cachant à grande peine une expression de dégoût. Yona compris en un éclair l’ordre de ses priorités.

- ...Pouvoir commencer. L’ordre des prises de paroles ont été tiré au sort. Mr. Bradford, le hasard vous a choisi. Le compteur démarrera, vous disposez d’un temps limité. Quel est votre avis sur la robotisation ?

Bradford avait les dents serré, et jeta un regard de défis au compteur rouge affiché sur un grand écran en face des spectateur. Il savait qu’à cet instant, son visage apparaissait à la télévision, juste en-dessus dudit compteur. La nation comptait sur lui : Et il ne la décevrait pas.

- Très bien, très bien, dit le jeune homme en laissant tomber un papier. Alors… Je n’irai pas par quatre chemin. Comme vous le savez, dit-il en se tournant vers la caméra, je suis représentant, porte-parole de ces hommes, et de ces femmes qui ont donné… je veux dire - de ces hommes et de ces femmes, humains ET mobiens, qui ont voué leur vie à la défense de notre nation. Et oui, mademoiselle Moonstorre.

Moonstone ne releva pas l’erreur, se contentant de regarder Bradford d’un air neutre, ses grands yeux ouvert sur lui.

- Pour moi la “Robotisation”, cet objet qui transforme les individus en tas de ferraille - car oui, ce sont des tas de ferraille - n’est rien d’autre qu’une arme. Encore un outil de mort qui n’a pour seul objectif que de détruire. Tout cela afin que l’Empire puisse avancer ses pions par la domination, dominer par la violence étant le seul but de cette organisation criminelle. Pour moi, la question ne se pose pas. Nous ne pouvons juste pas discuter sur un pied d’égalité avec cette structure. La plus grande démocratie du monde ne peut pas s’abaisser à cela, elle qui est porteuse du progrès et de valeurs assurant à ses concitoyens le meilleur… Le meilleur niveau de vie possible.

Bradford repris son souffle. Avant de sourire, appuyé sur son guichet.

- Ce qui nous différencie, eux et nous, ce sont nos valeurs. Au premier rang desquelles se trouve l’éthique. L’Empire en est tout simplement dépourvu…

- Je réfute cette accusation, dit Yona d’un ton calme.

- Ah ! Mais ! Vous pouvez réfuter, Mademoiselle, ça ne changera rien aux faits : Oui, je le répète, ce qu’on pourrait attendre de plus élémentaire dans un système, dans n’importe quel système moderne en faites, vous en êtes dépourvu, depuis que votre chef a trahi ses supérieur, et trouve logique d’imposer tous ses choix à sa population…

La présentatrice leva la main.

- Monsieur Bradford, votre temps est…

- Par ailleurs, dit le représentant du GUN sans faire état de la remarque, j’ajouterai qu’aucune comparaison ne peut être fait entre les inventeur d’un système libre qui a été pétri de cette éthique qui ont permis aux individu de toute condition de vivre sur un pied d’égalité quelque soit leur race, en faites leur ethnie, dit-il en adressant un sourire à Batizta, et celui d’une tyrannie où celle-ci se trouve être délibérément absente, car nos valeurs ne sont tout simplement pas les même.

Le renard regardait Bradford, les sourcils froncés.

- Merci monsieur Bradford, dit la présentatrice. Vous avez parlé d’éthique, ce qui nous renvoit à votre philosophie, Mr. Batizta. De quoi parlons-nous, de quoi s’agit-il pour vous ?...

Le renard jeta un regard à la présentatrice. Comme si cela le gênait de devoir répondre à cette question. Il joint ses mains, ouvrit la bouche et s'apprêtait à répondre, lorsqu’il fut coupé dans son élan par l’inarrêtable Terrence Bradford.

- L’éthique, c’est ce droit de regard, cette réflexion que nos valeurs nous incite à formuler. Et qui conduit tout nos actes ! Vous le savez bien, notre droit, notre justice : Celle de se refuser à torturer, celle de…

- Mr. Bradford, votre temps de parole est écoulé pour cette première partie… dit la présentatrice, que Bradford tentait d’interrompre à nouveau, Monsieur… Je vous repose la question, Mr. Batizta.

Le renard se racla la gorge.

- Euh, eh bien, une chose après l’autre, dit Batizta. En premier lieu, vous avez dit, Mr. Bradford, que c’était l’éthique qui conduisait tous nos actes. C’est vrai en tant qu’individu, mais non en tant que nation. Ce que je veux dire…

Le représentant du GUN regardait alors le compteur. Son regard passa à Pierre Batizta.

- Il faut faire la distinction entre les valeurs des individus et les valeurs prise comme telle par une nation, dit le renard d’un air grave.

- Ne sont-elles pas les mêmes ?... demanda Bradford.

- Non. Enfin, pas exactement. Puisque vous semblez parler de ce qui conduit donc les actes de la nation, vous qui parliez auparavant de son “éthique”, je me dois là-dessus d’énoncer une règle absolument vraie et qui vaut pour tous les représentants auxquels je m’adresse. Chaque pays, empire, état, groupe, bref, ce que vous voulez, est avant tout porter par des intérêts Géopolitique. C’est ce qui influe sur tout les actes des nations, la Fédération comme d’autre, c’est la recherche de ses intérêts. Tout le reste n’est que croyance - vous avez cité le mot “éthique” et les mots comptent. Parler “d’éthique d’état” c’est une croyance... Bien sûr, je peux accepter l’idée que les intérêts de la Fédération...

- Hum, dit Bradford, son sourire s’étant envolé. Permettez-moi d’être en léger désaccord avec vous sur ce point. L’éthique est bien plus qu’une croyance vu que nos charte tendent bel et bien toutes en son sens. C’est, de façon désintéressé que cet éthique est promulgué. En vérité, l’histoire en est le meilleur démonstrateur.

- Mr. Bradford… dit la présentatrice.

- L’histoire ? dit Batizta en haussant les sourcils.

Il entendit Moonstone souffler du nez derrière lui.

- Oui, absoluement - laissez moi dire une dernière chose, après je me tairais, vous en avez ma parole, dit Bradford en s’adressant à la présentatrice. Nos valeurs se sont bâtit sur une histoire, celles des Nations Unis, la recherche de la démocratie, la parité, l’égalité entre les individus de tout sexe et de toute race. Le mettre en doute, c’est, si je puis me permettre, professeur, faire preuve d’un peu de mauvaise foi. Voilà tout...

Il avait trop parlé. Il n’avait pas vu le sourire en coin jeté par Yona Moonstone. Le renard tappa du poing sur son guichet.

- De mauvaise foi ? Comment cela ? Il n’est pourtant pas bien compliqué de comprendre que ce n’est pas l’éthique qui mène le gouvernement des Nations Unis ! Allons, elle amène sans doute la rédaction des lois, les actes de ses citoyens, mais bon sang, en aucun cas elle ne peut être mis au crédit des Nations Unis elle-même. Et puis, parlant d’histoire et d’éthique, où était l’éthique des Nations Unis lorsque sous son ancienne forme, les Terres-Unis, elle a promulgué la colonisation en terre Mobienne ? Où était l’éthique du GUN lorsque ses fondateurs ont proclamé l’infériorité des races “Hybrides” ?

Le représentant du GUN cligna des yeux et fit mine de regarder ses fiches, les retournant, comme si la blancheur de leur verso était porteuse d’un intérêt manifeste. Il tâchait d’ignorer que posant le pied sur un terrain particulièrement glissant, il s’y était engouffré. Batizta, qu’il pensait être un allié objectif, ne l’avait pas loupé. Il ne semblait pas réaliser à quelle point cet accrochage pouvait être dangereux dans ce débat qu’il considérait comme secondaire, et qui les éloignait du sujet. Car les éventuels téléspectateur d’origine Mobienne avait toutes les chances d’approuver cette critique. Il se retint de revenir à la charge, par peur de s’enfoncer. Et pourtant, qu’est-ce qu’il pouvait être excédé par ses propos victimaires, ces fautes sans cesse rappeler, ses anciens dossier constamment dépoussiéré, qui salissaient l’image de la Nation qu’il devait défendre face à un adversaire redoutable.

La tension était monté d’un cran autour du plateau. Mammon se pencha vers un des membres de l’équipe de tournage pour lui demander un verre d’eau.

- Ce n’est qu’à la suite de mouvements sociaux au seins des Nations-même que celle-ci ont décidé de l’égalité ethnique, dit le renard. L’histoire, maintenant qu’elle a été établi, n’est pas un bon exemple pour parler “d’éthique”. Depuis tout à l’heure d’ailleurs, vous utiliser ce terme, d’éthique, sans réellement savoir le situer. L’éthique c’est une discipline philosophique qui cherche à déterminer des impératifs sur lesquels il nous appartient de construire la morale. C’est par cette morale donc, que se détermine ce qui est bien ou non. Derrière donc ce terme abusif “d’éthique”, vous parlez donc de “morale”. Or, dans le monde, je le dis, je le redis, aucun état n’est commandé par une morale, mais par des intérêts. Si vous me dites qu’au cours de son histoire aucun des états existant aujourd’hui n’a fait autre chose que suivre votre morale pré-établie, je vous répond que c’est un mensonge, finit le renard en regardant son temps de parole.

- Cette “éthique”, commença Yona Moonstone.

Le renard s’arrêta de parler. Bradford tourna les yeux dans sa direction. La représentante de l’Empire tapotait du doigt sur son guichet, l’air tranquille.

- Celle que vous jugez comme étant absente de l’Empire Eggman, n’est rien d’autre, Monsieur Bradford, qu’un paravent idéologique. Un paravent qui, non seulement vous permet de présenter les Nations Unis comme supérieur par essence à l’Empire, mais un paravent qui, surtout, empêche l’expression d’une Histoire critique du GUN et de la Fédération. Un paravent utilisé à des fins politiques, dit-elle.

- Euh… je, euh, non, eh bien… balbutia le représentant du GUN.

- À des fins géopolitique, en faites puisque les Nations Unis se font l’ambassadrice de la démocratie dans le monde etc. Mais… commença Batizta.

- Je rejoins totalement notre ami Batizta à ce sujet qui me tient à coeur, dit Yona.

Le renard ouvrit des yeux ronds. Il tourna la tête vers la femme, qui attendait attentivement sa réponse. Il plissa les yeux, amer.

- Vous pensez…? Eh bien, permettez-moi d’en douter, mademoiselle Moonstone. Comprenez par là qu’on est toujours bien plus apte à voir les défauts chez les autres, quand bien même ceux qui nous rongent sont de même nature...

La présentatrice leva les bras.

- Mr. Batizta, Mme Moonstone, je me permet de vous interrompre pour passer à présent la parole à Mr. Mammon qui a gardé le silence depuis le début de ce débat. Mr. Mammon, souhaitez-vous ajouter quelque chose ?

Posant son gobelet sur la table, Mammon s’essuya les lèvres et s’appuya à nouveau sur son guichet.

- Oui. J’entend bien ce que vous dites, et c’est d’un intérêt certain, mais, j’aimerai recentrer le débat. La question n’était-elle pas “Robotisation, danger OU perspective d’avenir” ? Parler de la position des uns et des autres c’est éluder cette question. Or, imaginons que je parte avec le postulat que la Robotisation serait une perspective d’avenir - n’oubliez pas que je suis représentant du DQE, je ne me charge pas des questions de sécurités intérieures ou extérieures - si tel était le cas, alors elle le serait en terme de progrès économique. On a parlé des états, très bien, mais on en a oublié les individus, vous, moi, les spectateurs, les téléspectateurs qui nous regarde. Professeur, considérer juste ceux-ci comme des victimes historiques ou comme des bourreaux ou je ne sais quoi, c’est bien gentil, mais pas bien scientifique.

Batizta lui jeta un regard noir.

- “Scientifique”. Voyez-vous ça, quel argument. Partant de là je m’attend au pire. On a bien vu ce que la Science….

- Laissez-moi parler, Mr. Batizta, dit l’homme. Pas bien scientifique, car, dans la vie de tous les jours, je veux dire, dans la pratique, pas dans la théorie ou les grandes idées sur lesquels vous vous évertuez, la vie économique est faite d’acteurs, de ressources : Les intérêts géopolitique dont vous parlez tournent bien évidemment autour de cela. Il s’agit de déterminer de quel côté de la balance nous sommes. Quoi que l’on cherche à être en tant que Nation il s’agit bien de peser sur l’échiquier internationale, afin d’être en mesure d’exporter ces valeurs morales, qu’importe leur nature. Et qu’importe le camp, oui. Qu’importe le camp, au final, car comme vous l’avez dit vous-même, les états se valent tous dans leur recherche de leur intérêts, poursuivit Mammon d’un ton autoritaire.

Batizta se gratta l’oreille. Où donc Mammon voulait-il en venir ? Il regarda son temps de parole. Il pouvait encore répondre : celui-ci n’était pas encore tout à fait fini, à l’inverse de celui de Bradford, qui était largement dépassé.

- Le GUN, les Nations Unis ont sans doute une histoire qui aujourd’hui peut être l’objet de polémique. En revanche, nos institutions, ne cherchent-elles pas à faire progresser Mobius dans son ensemble ?

- Oui, oui, dit Mr.Bradford, heureux de se sentir enfin compris. C’est ce progrès dont je parle depuis le début… pardon.

- De même, continua Mammon, l’Empire cherche avant tout à assurer à ses citoyens, moyennant certes des décisions autoritaire, à faire profiter ceux-ci des progrès techniques, n’est-ce pas vrai ?

- C’est juste, dit Yona. Tel est l’intérêt de tout système qui se respecte.

- Comment ça ?... dit Batizta.

Il voulu continuer à parler. Mais brusquement, on ne l’entendit plus. Les lèvres du renard bougeait, mais il était inaudible. Son micro s’était arrêté de marcher.

- Ah, je crois que nous avons un petit soucis technique… Nous passons à la deuxième partie de notre débat. Les compteurs sont maintenant remis à zéro, dit la présentatrice en faisant un signe à une femme portant un bloc-note.

Mammon continua sur sa lancée.

- On ne peut pas rester uniquement à, ou limiter notre regard à la simple théorie. En pratique, les gens comme vous et moi “pratiquent” l’échange de biens commerciaux. Bien plus que des valeurs, ce sont ces échanges sur lesquels sont basé nos sociétés. Puisqu’il s’agit de parler de ce qui nous rapproche plutôt que ce qui nous éloigne, alors il convient de parler du fait qu’un citoyen de l’Empire, comme un citoyen de Grand Metropolis a des problèmes bien terre à terre : Comment nourrir sa famille, comment se loger, comment gagner sa vie, en sommes. Sans aucun rings, pas le moindre des projecteurs de ce plateau ne serait en train de fonctionner.

Batizta commençait à s’agiter. Multipliant les tentative pour parler dans son micro, il chercha du regard un membre de l’équipe technique.

- Cette avancée, ce progrès ne demandait qu’à être libéré. Sans la libération des forces productive, point de progrès ; Par ailleurs, comme vous l’avez si bien dit, madame, continua Mammon en s’adressant à la présentatrice, les échanges créent de complexes réseaux de relations, je vous pris non pas de le croire, mais de le constater : C’est par le commerce et la libéralisation des échanges, l’ouverture des frontières, que les Nations Unis ont pu enfin trouver des arrangement avec les nations décolonisés et sortir de leur cycle de violence. C’est donc par cette voie que sera promue la paix avec l’Empire.

Batizta finit par se pencher en direction du représentant du GUN à sa droite, pour saisir le pan de son costume - et répondre par l’intermédiaire de son micro.

- De quelle paix parlez-vous au juste ? La paix elle-même n’est pas une vérité universelle, cela réussit peut-être au puissant, mais, si nous devons penser aux populations dans leur ensemble…

- Vous n’y êtes pas, professeur, dit Mammon. Nous parlons d’états, d’emploi. D’intérêt générale, en vérité.

La présentatrice ne savait plus où donner de la tête. Elle coupa son propre micro pour appeler un membre de l’équipe technique. Les personnes les plus proches d’elle purent entendre un << Est-ce que c’est possible d’avoir un micro qui marche, là ? >> étouffé.

- Là-dessus, ajouta Moonstone l’air grave, on réalise que vous et moi, que tous, bref, cette masse que les politiciens appellent peuple, sont des agents économique, comme l’a rappelé si bien Mr. Mammon.

Le représentant du DQE hocha de la tête.

- Si on en revient à la Robotisation alors il devient facile de réaliser que l’Empire Eggman postule à l’amélioration de leur capacité productive, conclu Yona.

- “Amélioration”, Mais que voulez-vous dire ? demanda Bradford.

La dame au bloc-note accouru pour donner à Batizta, condamné au silence, un nouveau micro.

- Ce que je veux dire par là, dit Moonstone, c’est que, au sein même de l’Empire, nombreux sont ceux, je dirais, postulant pour cette avancée technologique. Si Eggman, comme on le disait si souvent, n’avait pas grand-chose à faire des êtres vivants, il aurait depuis longtemps pris des mesures drastiques, par exemple pour évacuer les territoires conquis. S’il ne l’a pas fait c’est parce qu’en ce temps là, il ne jugeait pas leur présence inutile. Saviez-vous que pléthore de territoire sont sous administration de ses populations elles-même ?

- Des populations ? demanda Bradford. Il jeta un oeil en direction de Batizta, toujours au prise avec des problèmes techniques.

- Ce qu’on appelle chez nous les “Egg-boss” expliqua Moonstone. Vous pouvez contacter n’importe lequel de ceux-ci, il en témoignera lui-même : Il a une grande marge de manoeuvre, une grande liberté. La responsabilité lié à la gestion de leur zone leur revient entièrement.

- Mais… attendez, dit Bradford, la main posé sur le front.

Il se frotta les yeux.

- Ce n’est pas possible, ce que vous me racontez là. Comment feraient à ce moment tout ces gens pour ne pas se révolter, pour ne pas déchirer le territoire en plein de petite zones…? Ils ne peuvent pas être “libres”, dit Bradford.

- Bien sûr qu’ils le sont, dit simplement Yona Moonstone. C’est juste que c’est LEUR volonté de suivre notre leader. Historiquement il y a dans ces territoires une grande portion de petits états décolonisés qui auraient pu se déchirer entre eux s’il n’avait pas ce sentiment d’unité - c’est le cas par exemple à Sand Ocean - Il est curieux, Mr.Bradford, que vous me demandiez par quel moyen toute cette population est tenu en place. Vous qui êtes pourtant pétri des principes de libertés, ce genre de soucis, digne d’un dictateur ne devrait guère vous préoccuper.

Bradford baissa les yeux. Sous la lumière des projecteurs, il avait semblé presque rougir, à un moment. Le renard, placé à côté de lui, sa chemise tiré en avant par une membre de l’équipe technique, plaqua la paume de sa main sur son front. Il semblait excédé.

- Comme l’a dit le professeur Batizta, si je peux lui servir de porte-parole, dit Moonstone en levant l’index, nous sommes toujours bien plus pressé de voir les défauts chez les autres que chez nous-même. N’est-ce pas ?

- Un, deux ? ça fonctionne, dit-il, son nouveau micro grésillant. Merci bien. Ce n’est pas très sport, dit-il en pointant un doigt accusateur en direction de la présentatrice. Ce genre de procédé…

La présentatrice se retourna dans sa direction. Des sifflement se firent entendre de la part du public. Le renard s’adressa directement à eux, montrant de la main un point invisible pour la caméra. Vers les écrans sur lesquels étaient diffusés les temps de paroles

- Quoi ? C’est vrai !

- De quoi parlez-vous ? dit la présentatrice. Monsieur Batizta, je vous en conjure, il ne s’agit que d’un problème technique indépendant de notre volonté, dit la présentatrice.

Pierre Batizta secoua la tête et croisa les bras.

- Enfin, je… Je rappelle que vous avez insisté pour venir, tâchez de vous tenir, j’ai remis les compteur à zéro mais l’émission va bientôt toucher à sa fin et je ne peux pas modifier la grille des programmes.

- En effet, le temps est compté et j’aurais bien tort de ne pas “profiter” de ce droit de réponse, dit Batizta en serrant le poing.

Yona Moonstone remis ses cheveux en arrière d’un geste doux.

- Tout à fait. Hum… De quoi parlions-nous déjà… dit-elle.

- Vous parliez d’amélioration des capacités productive, lui dit Mammon, jouant de la main avec son stylo.

- En bref, cette “amélioration” du citoyen pour laquelle milite l’Empire, c’est une augmentation, par des procédés technique, de ses capacités. Tout comme le savoir a été le pouvoir, cette “augmentation” ne saurait qu’augmenter encore davantage la liberté du citoyen. Le libérer des limitations de sa force, ainsi une personne d’un âge avancé ou handicapé ne serait pas soumise à des systèmes contraignant et abrutissant telle que la retraite ou les assurances-vie, continua Moonstone. Le libérer des limitations de son intelligence, ou plutôt de ses connaissances, permettant de ce fait aux citoyens de ne plus dépendre d’un système d’éducation hiérarchisé...

- Effectivement cela ouvre des possibilité, dit Mammon. Et cela pourrait mettre au rebus pas mal d’institution, notamment certaines coûtant cher à l’état...

- Il s’agit aussi de ça, même si l’Empire ne veut pas influencer sur la façon dont les états gèrent ce genre de contentieux, dit Moonstone. Et puis, le professeur que nous avons avec nous ce soir ne serait sans doute pas ravi de m’entendre dire qu’une université pourrait bientôt appartenir au passé. Il faut… respecter les intérêts de chacun, voilà pourquoi il faudrait qu’un système comme les Nations Unis ne puisse pas bénéficier tout de suite d’une technologie comme celle conçu par le génie d’Eggman. Imaginez, un instant, tous ces chamboulements sociaux

Batizta eut un petit rire sec. Un rire faux.

- Il ne faut pas avoir peur des réformes, dit Mammon en tapotant des doigts sur son guichet. Je veux dire, plus de progrès, ceux que vous nous avez cité, ce serait effectivement plus de liberté. On se souvient de la suppression des lois concernant la ségrégation au sein de l’armée des Nations Unis, et ce “plus” qui y a été apporté.

Bradford garda le silence, mais acquisa. Se surprit à ne pas communiquer quelques-uns de ses doutes. Il compris alors qu’il avait perdu le débat et de ce fait risquait sa place de représentant. Il serait sans doute promu à un nouveau poste au sein du conseil de sécurité - Le mieux était de rester coi, car s’il s’enfonçait encore, il risquait de perdre bien davantage.

- Le progrès n’attend qu’une chose, que vous veniez jusqu’à lui. Vous savez… commença Moonstone.

- Bon, vous avez terminé ? Au passage, merci de me rappeler mon rang de “Professeur d’université”, or ce n’est pas le sujet, mais alors pas du tout, dit Batizta d’un ton sec.

Le silence se fit à nouveau sur le plateau. Le renard semblait être dans une colère noire. Mammon tourna la tête, Bradford se contenta d’arranger ses papiers un oeil sur le chronomètre. Yona ouvrit la bouche avant de la refermer. Sans doute était-ce le moment pour le coup de grâce.

- Bien, maintenant que je puis à nouveau parler, je dois répondre sur plusieurs choses qui ont été dite. En premier lieu, un constat s’impose. La Robotisation en tant que telle EST inhumaine. Et je ne sais pas par quel biais malhonnête vous tentez de le cacher - vous en appeler à la liberté de décision des citoyens, ce qui est loin d’être vrai dans un Empire comme celui d’Eggman…

Yona Moonstone secoua la main.

- Je ne peux pas vous laisser dire ça, Monsieur Batizta, dit-elle. Je vous le dis, je passe régulièrement la frontière, les gens SONT libres. Je peux vous mettre en contact avec plusieurs personne prise au hasard sur place, toute vous diront la même chose, rien de bien difficile.

Batizta eut à nouveau un petit rire.

- En effet, ce n’est pas bien difficile, mademoiselle, qu’un citoyen soit d’accord avec vous, lorsqu’il a un canon sur sa tempe. Enfin, les sbires d’Eggman écoutent le contenu des liaisons, capte les messages émis sur les réseaux, vous êtes au courant, au moins ? À moins que vous ne mentiez à vue ?

- Nous nous éloignons du sujet, dit la présentatrice.

- NON ! dit Batizta. Bien au contraire, c’est le COEUR du sujet !

- Pourquoi prétendez-vous que je mens ? demanda Moonstone.

- Tout simplement parce que, de mon côté, du côté de l’université, des experts indépendants ont pu établir des liaisons, et notamment avec des Freedom Fighters. La Robotisation est utilisé comme une ARME, appuya Batizta, oui, absolument, passer dans ce machin et vous vous faites transformer en robot, cela équivaut non pas à une quelconque amélioration vers je ne sais quel “progrès” mais à la mort, ni plus ni moins.

- Mais enfin, dit Moonstone, vous dénigrez mes sources avant de mettre en avant les vôtres, comment les téléspectateurs sont sensé vous croire ? À ce stade c’est une parole contre une parole.

- Tout simplement parce que moi, Mademoiselle, je suis professeur. Ce sont mes connaissance que je met en avant. J’ai insisté pour passer à ce débat afin d’apporter une vision, une approche neutre, objective. Je ne suis pas un représentant à la botte d’une organisation, je suis indépendant, contrairement à vous, conclut Batizta.

- Vous faites erreur. répondit Yona. Au début de ce débat j’ai pourtant souligné que j’étais une représentante “indépendante”, aussi vous ne pourrez pas prétendre à agir plus en âme et conscience que moi-même. De plus, je rappelle que vous appartenez à une université, non pas en auto-financement, mais publique, payé par qui ?  Par l’État des Nations Unis, dont vous dépendez. En sommes je pense que vous êtes mal placé pour me parler “d’indépendance”, Monsieur Batizta.

Le renard secoua la tête, peu convaincu.

- Mais j’accepte l’idée que nous soyons à une voix contre une voix équivalente, dit Moonstone.

- C’est vous qui l’avait dit, répondit Batizta.

- Cependant, votre présentation de la situation est à la fois fausse ET caricaturale.

- C’est-à-dire ?

- Avez-vous déjà interrogé une personne entièrement robotisé, Mr. Batizta ?

- Non, pourquoi ?

Yona Moonstone frappa du plat de la main sur son guichet.

- Là est l’erreur !

- Non mais… À quoi cela servirait, au juste ? Une personne robotisé, je veux dire… Cela tombe sous le sens. Le gars n’est plus. Il n’est plus qu’un amas de pièces électronique, je ne vais quand même pas me mettre à demander ses impressions à… ce qui équivaut à une imprimante, ni plus ni moins. Ce que je veux dire, c’est que techniquement la personne n’a plus de volonté. Tout au mieux peut-on reconnaître la silhouette d’un cadavre qui marche. Un Robotisé n’est rien de plus.

Il haussa les épaules.

- Eggman peut être très fort, dans la création de robot censé lui obéir au doigt et à l’oeil. Mais n’est pas venu l’époque où un robot sans âme pourra agir de son plein gré. Car, en conservant la forme de l’individu tué, il ne sait pas, et ne saura jamais conserver ni sa conscience, ni son identité. Ses machines sont sans âmes.

Yona Moonstone se mit à rire. Batizta se demanda s’il s’agissait d’une preuve de faiblesse.

- C’est très intéressant, cette façon que vous avez, professeur, de vouloir ignorer un certain nombre de nuances, à quel point vous cherchez à distiller le doute, au mépris de l’ordre naturel des choses. Vous utilisez des termes comme “mort”, ou “cadavre”, qui, entre nous soit-dit, me semblent un peu abusifs. En effet, votre manière de penser ne peut qu’amener le génie Mobien à la ruine, non à se dépasser lui-même, dit-elle.

Batizta cligna des yeux. On cherchait à l’embrouiller. Moonstone cligna plusieurs fois des yeux.


- Voilà qui est absurde, dit-il Avez-vous la moindre idée de quoi nous parlons, avant de brandir l’argument de “l’ordre” ?

- Je pense que… commença Mammon, inaudible.

Plusieurs voix sur le plateau se mirent à parler en même temps, Batitza cherchant à répondre à nouveau, Mammon tentant de se faire entendre. Yona attendit un peu que la présentatrice demande le silence avant qu’elle ne puisse continuer, d’une voix calme.

- Depuis le début, nous en avons, moi et les autres invités, une idée très claire, oui : C’est vous qui cherchez à embrouiller le débat. Votre discours est creux et se fondent sur des idées malsaine et rétrogrades. Je vais vous le dire…Je...

- “Malsaine et rétrograde” ? Venez me parler de nuance, Mademoiselle Moonstone ! dit Batizta en riant.

- Et je pense que beaucoup de nos téléspectateurs partagent mon point de vue. Vous semblez obnubilé par le sort d’individu que vous ne cherchez pas à interroger, je veux parler des “Robotisés”. Ces gens sont parfaitement capable, comme vous et moi, de discuter, de partager leur point de vue. Et si la plupart gardent quelques séquelles de cette opération radicale qui est de les robotiser entièrement (ce qui est, encore une fois, un cas d’exception), ils nous remercient toujours d’avoir penser à leur intérêt en premier. Et… - laissez-moi parler, Monsieur Batizta - Alors que vous êtes obnubilé par ces personnes auxquelles vous ne donnez MÊME PAS la parole… Vous vous fichez bien de tous les soldats, de tous les civils qui ont perdu leur vie et qui continueront à mourir dans ce conflit vieux de plusieurs décennies, manipulé que vous êtes par vos “contacts” ces extrémistes que l’on nomme “Freedom Fighter”, qui ont tout intérêt à ce que la guerre continue entre les puissances.

Moonstone semblait à présent animé d’une flamme, qui faisait briller ses yeux couleur de lune. Mais on ne faisait pas changer le professeur d’avis facilement.

- Ah, mademoiselle la représentante serait donc devenu une colombe de la paix agissant pour le bien commun ? Est-ce une blague, dois-je rire ? demanda-t-il, appuyé sur son guichet. J’attend encore votre réquisitoire sur la “malsanité et l’aspect rétrograde” des faits que j’ai exposé.

- Déjà, pour commencer, dit-elle. Vous avez dit, ceci, et je l’ai noté : “La Robotisation en tant que telle est inhumaine”. En d’autre terme, vous me dites qu’il s’agit d’un comportement indigne de l’humain, mais pas du Mobien ?

- Pardon ?

- “Inhumaine”, c’est ce que vous avez dit.

- Ehbien oui, mais… hem…

Le renard se gratta la truffe. Il devait répondre vite.

- Eh bien, dit le Mobien, C’est le terme utilisé générallement pour qualifier un traitement dont nous ne voulons pas faire l’objet, rapport au fait qu’il est jugé, par nos valeurs, comme cruel, comme… comme...

- Comme “inhumain”, finit Moonstone. Or, vous utilisez ce terme sans pour autant être un humain. Ce terme selon moi est pétri d’une ségrégation langagière malsaine. Car si vous n’êtes pas un humain, ceux qui dirigent l’université le sont. En bref, la façon dont vous présenter les choses suffit à elle seule à déterminer le biais dont vous souffrez. Or les mots, cela compte.

Moonstone se tenait droite derrière son guichet.

- Voilà pourquoi je vous conseille de faire preuve d’un peu d’autocritique, avant d’apporter votre bonne parole relativiste. C’est mon avis, mais ce concept d’humanité, tout comme ce concept d’âme, me semble particulièrement fumeux, voir rétrogrades. Or vous l’avez dit vous-même, nous ne sommes pas ici pour parler de croyance, mais de faits. Et dans les faits, rien ne prouve que cette âme ait jamais existé. Elle a toujours été un terme utilisé par des religieux, pour ne pas dire par des allumés…

- Vous me traitez d’allumé ? demanda Batizta en levant un sourcil.

Moonstone agita les mains. Et se repris.

- Non ! Pas vous : Je ne voulais pas que vous vous sentiez visé, je parlais d’un cas général. En général dans les sociétés ce genre d’éléments, des religieux, ont toujours existé. il y a des siècles, tout comme aujourd’hui. Or si ces prêcheurs d’aventures et d’apocalypse ont vécu en marge de la société, ils n’étaient que des produits de la société… Ils… Ils n’ont jamais servit dans son avancé vers le progrès, ou alors de manière minime. Des points de détails, dans un monde d’idée n’ayant jamais rencontré de réalité pratique, hasarda la représentante.

- Mais Mobius dans son ensemble n’est PAS un point de détail !

La présentatrice revint vers le centre de la scène.

- Il est tard : L’émission va bientôt se terminer - Batizta, Moonstone, il va bientôt falloir conclure.

Le renard n’y pris guère attention, et se mit à déblatterer à toute allure.

- Mobius n’est pas un point de détail : Vous-même, tous, sur ce plateau, vous parler en “âme et conscience” c’est ce que vous me dites, et je vous répond : en “âme et conscience de représentant”. Vous avez utilisé ce terme bien avant moi pour parler de libre-arbitre.

Batizta remis ses lunettes en place.

- Vous pensez avant tout à cet abstrait “progrès”, qui n’a rien de réel puisque vous l’avez vous même défini - et vous passez aussi rapidement à la trappe tout élément qui ne touche pas au domaine économique : La soit-disant liberté des citoyens de l’Empire, la soit-disant liberté de ses cadavres en mouvement que sont les “Robotisés”, le soit-disant progrès de l’économie.

Il repris son souffle.

- Or l’économie a succédé Mobius et non l’inverse : Le progrès ne s’est pas construit à partir de décision et de beaux rêves bleus, mais bien par des nécessités, par des mouvements au sein de la population-même.

Les invités commençaient déjà à ranger leur documents.

- Le Progrès tel que vous nous le proposez, c’est un progrès décidé par des élites, économique et politique, quel que soit leur nom. Et pour lequel encore une fois plein d’élément passent à la trappe, comme le respect du peuple qui va le fabriquer, cette avenir, comme le respect d’un environnement de plus en plus souillés par ces grandes villes, soit-disant issues du “progrès”. Tu parles ! Progression dans les marges de productivité, progression vers notre propre Enfer.

- Enfer et paradis, dit Yona Moonstone en reboutonnant son costume. Encore des termes religieux, Mr. Batizta. On ne peut décidement pas parler avec vous.

Mr.Mammon se mit à rire.

- Et concernant la Paix, alors ? ajouta-t-il.

- Hors de question de tomber dans le panneau. L’Empire, même drapé de mensonge qui le rendrait parfait, reste un Empire, donc à volonté expansionniste, et là même Eggman ne saurait me contredire là-dessus, dit le renard.

- N’importe quoi. Que ne serait-on pas près à dire pour défendre son point de vue, dit Yona Moonstone en riant.

Le renard secoua la tête. Plus personne n’écoutait. Il resta un moment, le regard dans le vide, avant de réaliser que les caméras ne filmaient plus, et ramassa son sac sous le guichet.

La partie avait été perdu. Peut-être n’était-il pas intervenu assez vite. Mais au-delà de sa prestation, d’autres problèmes étaient venu s’ajouter. N’était-ce qu’une impression ? Que ce soit ces temps de paroles totalement fou ou cette malchance incroyable d’être tombé sur un micro inutilisable, il en venait à se demander pourquoi il avait dû souffrir d’une telle malchance. Il se sentait meurtri, et n’avait pas su défendre les principes qui l’avaient pourtant amené sur ce plateau. Il pourrait toujours rédiger sur son blog un message revanchard, avant d’être classé dans les mauvais joueurs, à tendance paranoïaques.
Le plus dommage à ses yeux étant que ce triste spectacle ait eut lieu devant tous ces téléspectateur. Par aucun moyen il ne pourrait défendre à nouveau son point de vue devant autant de personne.

- Ce sera le mot de la fin, dit la présentatrice. Merci à tous les intervenants pour ce débat animé - vous avez été nombreux ce soir à nous suivre jusqu’au bout et nous vous remercions pour votre fidélité. Ce soir, ne manquez pas l’émission météo qui suivra après une page de publicité.
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[Rediffusion] L'Arène du Débat - La Robotisation : Danger ou Perspective d'Avenir ? (17h45-19h50)

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